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Obtenir des avis clients : la méthode et les règles

Demander au bon moment, à tous les clients, sans récompense : la méthode pour obtenir plus d'avis et les règles sur les faux avis (jusqu'à 300 000 € d'amende).

Par Rédaction Digiteo
Mis à jour le · 6 min de lecture

En bref : la plupart des clients satisfaits ne laissent pas d’avis parce qu’on ne le leur demande pas, ou pas au bon moment. Une demande simple, envoyée à tous les clients juste après la prestation, avec un lien direct, suffit à créer un flux régulier, à condition de ne rien offrir en échange et de ne pas trier les clients : Google l’interdit, et les faux avis exposent à 300 000 € d’amende.

Le sujet a deux faces. La première est pratique : quand demander, comment, sur quelle plateforme. La seconde est juridique, et beaucoup d’entreprises la découvrent trop tard : ce qui est permis pour solliciter un avis est plus étroit qu’on ne le croit.

Pourquoi les avis clients comptent autant ?

Un avis sert trois publics à la fois. Le prospect qui compare deux prestataires avant d’appeler. Le moteur de recherche, puisque les avis font partie des informations affichées sur la fiche d’établissement Google et dans les résultats locaux. Et l’entreprise elle-même, qui y trouve un retour gratuit sur ce qui fonctionne et ce qui coince.

La confiance que les internautes accordent aux avis est pourtant fragile. En 2022, la Commission européenne et les autorités de 26 États membres, de l’Islande et de la Norvège ont contrôlé 223 grands sites qui publient des avis. Pour 144 d’entre eux, elles n’ont pas pu confirmer que l’opérateur faisait assez d’efforts pour garantir l’authenticité des avis, et au moins 55 % enfreignaient potentiellement le droit européen. C’est ce contexte qui a conduit au durcissement des règles.

Quand et comment demander un avis ?

Le bon moment est celui où le client constate le résultat : à la livraison, à la fin du chantier, après le premier rendez-vous réussi. Plus la demande arrive tard, plus le taux de réponse baisse, car le souvenir s’estompe.

Une méthode en cinq étapes, applicable à presque toutes les PME :

  1. Créer le lien direct. Depuis la fiche d’établissement Google, récupérez le lien ou le QR code qui ouvre directement la fenêtre d’avis. Google précise que le client doit être connecté à un compte Google pour publier.
  2. Rédiger un message court. Trois phrases : un remerciement, la demande, le lien. Pas de formule qui oriente la note.
  3. Choisir le canal. E-mail ou SMS après une prestation, QR code sur la facture ou au comptoir, demande orale au moment où le client exprime sa satisfaction.
  4. Envoyer à tous. Même message, même moment, quel que soit le ressenti supposé du client.
  5. Relancer une seule fois, quelques jours plus tard. Au-delà, la demande devient pesante.

Exemple de message pour un paysagiste : « Bonjour Mme Martin, merci de nous avoir confié l’aménagement de votre jardin. Si vous avez deux minutes, votre avis aidera d’autres habitants du quartier à nous choisir : [lien]. Bonne journée, l’équipe Verdure. »

Pour un commerce, la demande orale fonctionne bien : le vendeur montre le QR code au moment où le client dit qu’il est content. Pour un site e-commerce, l’e-mail automatique quelques jours après la livraison est la solution la plus simple. Ce type d’envoi s’intègre facilement dans un scénario de lead nurturing ou de suivi client.

Ce qui est interdit pour obtenir des avis

C’est la partie que les anciens guides oublient. Plusieurs pratiques encore recommandées un peu partout sont interdites par Google ou par la loi.

Récompenser l’avis. Google indique qu’offrir des produits ou services gratuits ou à prix réduit en échange d’un avis, de sa modification ou de la suppression d’un avis négatif est strictement interdit. Le règlement de Google Maps range aussi parmi les contenus interdits ceux publiés en raison d’un avantage proposé par l’établissement. Le bon de réduction « contre un avis » est donc à proscrire.

Trier les clients. Le même règlement interdit de solliciter des avis positifs de façon sélective et de décourager les avis négatifs. Le mécanisme classique, une question « êtes-vous satisfait ? » qui oriente les contents vers Google et les mécontents vers un formulaire interne, tombe sous cette règle.

Faire écrire des avis par l’entourage. Les contenus fondés sur un conflit d’intérêts sont interdits : salariés actuels ou anciens, proches, partenaires liés par contrat.

Publier ou acheter de faux avis. Depuis le 28 mai 2022, date d’application de la directive européenne Omnibus, la vente, l’achat et la soumission de faux avis sont expressément interdits. En droit français, c’est une pratique commerciale trompeuse. La DGCCRF rappelle que ce délit est puni de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 € d’amende, montant qui peut atteindre 10 % du chiffre d’affaires annuel moyen.

Le cadre pourrait encore se durcir : une proposition de loi déposée au Sénat le 26 mars 2025 prévoit d’imposer, avant publication, une vérification de l’identité du consommateur et de son justificatif d’achat. Elle n’était pas adoptée à la date de mise à jour de cet article.

Vous affichez des avis sur votre site : vos obligations

Une entreprise qui collecte, modère ou publie des avis de consommateurs sur son propre site doit informer les visiteurs de la manière dont ces avis sont traités. La Commission européenne a constaté en 2022 que 104 des 223 sites contrôlés ne le faisaient pas.

Concrètement, prévoyez une courte mention près des avis qui indique :

  • si les avis sont vérifiés, et comment (par exemple, seuls les clients ayant passé commande peuvent publier) ;
  • la date de publication de chaque avis ;
  • les raisons pour lesquelles un avis peut être refusé ;
  • si une contrepartie a été accordée pour laisser un avis.

Afficher les avis Google sur votre site via un widget ne vous dispense pas de cette transparence. Et ne masquez pas les avis négatifs en ne montrant que les cinq étoiles : l’internaute le devine, et l’effet de confiance disparaît.

Sur quelles plateformes concentrer ses efforts ?

Mieux vaut beaucoup d’avis sur une ou deux plateformes que quelques avis dispersés sur six. Le choix dépend du parcours de vos clients :

ActivitéPlateforme prioritairePlateforme secondaire
Artisan, commerce, profession localeFiche d’établissement GoogleAnnuaire du secteur
Restaurant, hôtel, loisirGoogleTripAdvisor
E-commerceAvis sur le siteTrustpilot ou équivalent
Prestataire B2BGoogleTémoignages sur LinkedIn

Pour une entreprise qui travaille dans une zone géographique, la fiche Google reste presque toujours la priorité, car c’est elle qui s’affiche dans les résultats locaux. Notre guide du référencement local explique comment la compléter.

Comment répondre aux avis reçus ?

Répondre montre aux futurs clients qu’il y a quelqu’un derrière l’entreprise. Google recommande de personnaliser chaque réponse en la signant, de répondre rapidement, de protéger la confidentialité du client et d’éviter les attaques personnelles face à un avis négatif.

Pour un avis positif, une phrase précise vaut mieux qu’un remerciement générique : reprenez un détail du commentaire. Pour un avis négatif, la méthode complète est détaillée dans notre article sur l’e-réputation d’entreprise.

Cas pratique : un plombier qui passe de 12 à 60 avis

Prenons une entreprise de plomberie de trois personnes, 12 avis Google en cinq ans, tous anciens. Elle réalise environ 40 interventions par mois. Voici un plan réaliste :

  • Semaine 1 : création du lien et du QR code, impression du QR code au dos des factures, message SMS type validé.
  • Chaque intervention : le technicien demande oralement un avis en fin de visite, le bureau envoie le SMS le soir même à tous les clients, sans exception.
  • Chaque lundi : réponse à tous les avis de la semaine précédente, signée par le gérant.

Il n’existe pas de taux de réponse officiel. Si un client sur dix publie un avis, ce qui reste une hypothèse prudente à vérifier sur vos propres chiffres, 40 interventions par mois donnent environ 4 avis mensuels, soit près de 50 nouveaux avis en un an. La fiche passe alors d’une douzaine d’avis anciens à une soixantaine d’avis récents, ce qui change la perception d’un prospect qui compare trois plombiers.

Le levier le plus puissant reste en amont : un client bien servi et bien suivi laisse un avis plus volontiers. Les avis sont la conséquence d’une bonne fidélisation client, pas un substitut.

Questions fréquentes

Peut-on offrir une réduction en échange d'un avis Google ?

Non. Google indique qu'offrir des produits ou services gratuits ou à prix réduit en échange d'un avis, de sa modification ou de la suppression d'un avis négatif est strictement interdit. Les avis concernés peuvent être retirés. Vous pouvez en revanche organiser un jeu ou un programme de fidélité sans lien avec le fait de laisser un avis.

A-t-on le droit de ne demander un avis qu'aux clients satisfaits ?

Pas sur Google. Son règlement interdit de solliciter des avis positifs de façon sélective et de décourager les avis négatifs. Le filtre « êtes-vous satisfait ? » qui n'envoie vers Google que les clients contents entre dans ce cas. Envoyez la même demande à tous les clients et traitez les mécontents en parallèle.

Que risque une entreprise qui publie de faux avis ?

Depuis la transposition de la directive Omnibus en mai 2022, publier ou faire publier de faux avis est une pratique commerciale trompeuse. Selon la DGCCRF, ce délit est puni de deux ans d'emprisonnement et de 300 000 € d'amende, montant qui peut être porté à 10 % du chiffre d'affaires annuel moyen.

Combien d'avis faut-il pour être crédible ?

Aucune source officielle ne fixe de seuil. Les internautes regardent surtout la note, le nombre d'avis par rapport aux concurrents de la même zone et la date des derniers avis. Un flux régulier de quelques avis par mois vaut mieux qu'une série de vingt avis la même semaine, qui paraît suspecte.

Sources

  1. Google, Conseils pour obtenir plus d'avis (aide Fiche d'établissement)
  2. Google Maps, Contenus interdits et soumis à des restrictions
  3. Commission européenne, avis trompeurs : 55 % des sites web contrôlés enfreignent les règles (20 janvier 2022)
  4. DGCCRF, Pratiques commerciales trompeuses : les clés pour les reconnaître
  5. Sénat, Proposition de loi n° 488 visant à réguler la diffusion des avis en ligne (26 mars 2025)