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ROI marketing digital : le calculer et l'améliorer

ROI, ROAS, coût d'acquisition, valeur client : les formules du retour sur investissement marketing, un exemple chiffré et les leviers qui l'améliorent vraiment.

Par Rédaction Digiteo
Mis à jour le · 5 min de lecture

En bref : le ROI d’une action marketing se calcule avec la marge, pas avec le chiffre d’affaires : (marge générée − coût) ÷ coût. Une campagne qui génère 5 000 € de ventes pour 1 000 € de publicité affiche un ROAS flatteur de 5, mais avec 30 % de marge elle ne rapporte que 500 € net, soit un ROI de 50 %.

Le retour sur investissement est la question que tout dirigeant pose au marketing, et celle à laquelle il reçoit le plus souvent une réponse floue : des clics, des vues, des abonnés. Cet article donne les formules, un exemple complet et les leviers qui améliorent réellement le résultat.

Comment calculer le ROI d’une action marketing ?

La formule tient en une ligne :

ROI = (marge générée − coût total de l’action) ÷ coût total de l’action

Deux mots demandent de la rigueur.

La marge, et non le chiffre d’affaires. Si vous vendez un produit 100 € qui vous coûte 70 €, chaque vente rapporte 30 € de marge. C’est ce montant qui rembourse la publicité.

Le coût total, et non le seul budget média. Une campagne coûte aussi le temps passé (interne ou prestataire), les outils, la création des visuels, les remises accordées. Oublier ces postes gonfle artificiellement le ROI.

ROI, ROAS, CAC, LTV : quels indicateurs suivre ?

IndicateurFormuleÀ quoi il sert
ROASChiffre d’affaires ÷ dépense publicitaireComparer des campagnes entre elles
ROI(Marge − coût total) ÷ coût totalSavoir si l’action enrichit l’entreprise
CAC (coût d’acquisition client)Dépenses marketing et commerciales ÷ nouveaux clientsSavoir ce que coûte un client
LTV (valeur vie client)Marge par achat × nombre d’achats sur la durée de la relationSavoir ce que rapporte un client

Le ROAS de point mort se déduit de la marge : c’est 1 ÷ taux de marge. À 30 % de marge, il faut un ROAS de 3,33 pour que la publicité se rembourse ; à 50 %, un ROAS de 2 suffit. Ce seul calcul évite bien des décisions hâtives.

Un exemple chiffré complet

Prenons une PME qui vend des équipements de cuisine en ligne, avec 30 % de marge brute.

Mois de test : 1 000 € de publicité sur les moteurs de recherche, 300 € de temps de gestion, 5 000 € de ventes.

  • ROAS : 5 000 ÷ 1 000 = 5.
  • Marge générée : 5 000 × 30 % = 1 500 €.
  • ROI : (1 500 − 1 300) ÷ 1 300 = 15 %.

La campagne est rentable, mais de peu. Si l’on avait oublié les 300 € de gestion, on aurait annoncé 50 %.

Avec la valeur client. Supposons que ces 5 000 € correspondent à 50 nouveaux clients (panier de 100 €) et que, d’après l’historique du fichier clients, un client rachète en moyenne deux fois dans les deux années suivantes. Chaque client rapporte alors 3 × 30 € = 90 € de marge, soit 4 500 € pour les 50. Le ROI calculé sur la durée de la relation monte à (4 500 − 1 300) ÷ 1 300, environ 246 %. C’est pour cette raison qu’une campagne à peine rentable à la première commande peut être une excellente affaire.

Pour une activité de services qui génère des contacts plutôt que des ventes, le calcul passe par le coût par contact. Le baromètre LocaliQ 2026 relève un coût moyen par contact de 66,69 dollars sur les annonces du Réseau de Recherche (moyenne de ses clients, majoritairement nord-américains). Si un contact sur quatre devient client, le CAC publicitaire avoisine 270 dollars : il faut que la marge sur un client le couvre largement.

Comment attribuer une vente au bon canal ?

Un client voit rarement une seule annonce. Il découvre la marque sur Instagram, revient par une recherche Google, s’inscrit à la newsletter et achète après un email. À qui attribuer la vente ?

Google Analytics 4 ne propose plus que trois modèles : l’attribution basée sur les données, qui répartit le mérite entre les canaux du parcours par apprentissage automatique, et deux variantes du dernier clic. Les modèles premier clic, linéaire, dépréciation dans le temps et basé sur la position ne sont plus disponibles depuis novembre 2023.

Trois conseils pratiques :

  • Comparez les deux vues (données et dernier clic) : un canal fort en attribution par les données mais faible en dernier clic joue un rôle de découverte. Le couper ferait baisser les autres canaux quelques semaines plus tard.
  • Acceptez une part d’incertitude. Avec le refus des cookies par une partie des visiteurs, aucune mesure n’est complète. Recoupez avec le CRM, les codes promo propres à chaque canal, la question « comment nous avez-vous connus ? » posée aux nouveaux clients.
  • Testez par coupure. Suspendre une campagne pendant deux semaines dans une zone et comparer les ventes avec une zone témoin donne une idée de sa contribution réelle.

Quels leviers améliorent le plus le ROI ?

Le ROI augmente de trois manières : baisser le coût, augmenter la conversion, augmenter la valeur de chaque client. Les leviers les plus efficaces, par ordre de facilité :

  1. Couper ce qui ne rapporte pas. Mots clés hors sujet, audiences trop larges, zones non desservies. Le guide Google Ads détaille les mots clés à exclure, premier poste d’économie d’un compte débutant.
  2. Améliorer la page d’arrivée. Doubler le taux de conversion d’une page divise par deux le coût par client, sans toucher au budget.
  3. Recibler les visiteurs. Les personnes qui connaissent déjà la marque convertissent mieux et coûtent moins cher à toucher.
  4. Faire revenir les clients. La Harvard Business Review rappelle que conquérir un client coûte, selon les études, de cinq à vingt-cinq fois plus cher que de le garder, et cite Frederick Reichheld (Bain & Company) : augmenter la rétention de 5 % accroît les profits de 25 % à 95 %. Emailing, programme de fidélisation client, service après-vente soigné font partie du ROI marketing.
  5. Produire des contenus durables. Un article bien positionné continue d’apporter des visites des années après sa publication, pour un coût qui ne se renouvelle pas. Les indicateurs du content marketing permettent d’en mesurer le rendement.

Comment présenter le ROI marketing à sa direction ?

Un tableau mensuel d’une page suffit, avec les mêmes lignes chaque mois :

  • dépense totale par canal (média, temps, outils) ;
  • nouveaux clients et coût d’acquisition par canal ;
  • marge générée et ROI par canal ;
  • évolution de la valeur client moyenne.

Fixez à l’avance le niveau de ROI attendu pour chaque type d’action. La publicité de conversion doit se rembourser vite ; la notoriété et le contenu se jugent sur plusieurs trimestres. Ce cadre se prépare au moment de bâtir le budget marketing, pas après coup.

Les erreurs qui faussent le calcul

  • Calculer sur le chiffre d’affaires au lieu de la marge.
  • Oublier le temps passé et les outils dans le coût.
  • Attribuer toutes les ventes au dernier canal cliqué.
  • Juger une action de notoriété avec les critères d’une campagne de conversion.
  • Comparer des périodes différentes (un mois de soldes avec un mois creux).

Questions fréquentes

Comment calculer le ROI d'une campagne marketing ?

ROI = (marge générée par la campagne − coût de la campagne) ÷ coût de la campagne. On utilise la marge, pas le chiffre d'affaires, sinon une campagne qui vend à perte paraît rentable. Exemple : 1 500 € de marge pour 1 000 € dépensés donnent un ROI de 50 %, soit 50 centimes gagnés pour chaque euro investi.

Quelle différence entre ROI et ROAS ?

Le ROAS rapporte le chiffre d'affaires aux seules dépenses publicitaires : 5 000 € de ventes pour 1 000 € de publicité donnent un ROAS de 5. Le ROI tient compte de la marge et de tous les coûts. Une entreprise qui marge 30 % a besoin d'un ROAS supérieur à 3,33 simplement pour ne pas perdre d'argent sur la publicité.

Qu'est-ce qu'un bon ROI marketing ?

Il n'existe pas de seuil universel. Un ROI positif sur la première vente est rare dans les activités où le client rachète : on raisonne alors sur sa valeur dans le temps. La bonne référence est votre propre point mort, calculé avec votre marge, puis l'évolution du ROI d'un trimestre à l'autre.

Quel modèle d'attribution utiliser dans Google Analytics ?

Depuis novembre 2023, Google Analytics 4 ne propose plus que l'attribution basée sur les données et deux variantes du dernier clic ; les modèles premier clic, linéaire, dépréciation dans le temps et basé sur la position ont été retirés. L'attribution basée sur les données répartit le crédit entre les canaux d'un même parcours.

Sources

  1. Google Analytics, Sélectionner des modèles d'attribution (modèles retirés en novembre 2023)
  2. Harvard Business Review, The Value of Keeping the Right Customers (2014)
  3. LocaliQ et WordStream, Search Advertising Benchmarks 2026