Supports de communication : créer des supports originaux
Flyer, plaquette, objet, vidéo : choisir le bon support, le rendre original sans brouiller le message, et respecter les règles (Stop Pub, allégations vertes).
Par Rédaction Digiteo
Mis à jour le · 6 min de lecture
En bref : un support de communication original est un support dont la forme sert le message, pas l’inverse. Le choix du support compte autant que sa créativité : en 2025, les prospectus papier distribués sans adresse ont reculé de 16,4 % en France, quand la communication par l’objet représentait encore 1,4 milliard d’euros d’investissements.
Les guides habituels sur le sujet empilent des idées (QR codes, matières recyclées, formats 3D) sans dire quand les utiliser. Cet article part de l’autre bout : l’objectif, la cible, puis le support, et seulement ensuite l’idée créative.
Quels supports choisir selon votre objectif ?
Chaque support a une fonction. Un flyer sert à déclencher une action rapide, une plaquette à rassurer un prospect qui compare, un objet à rester présent dans le quotidien du client. Se tromper de support revient à demander à une carte de visite d’expliquer une offre complexe.
| Objectif | Supports adaptés | Ce qui compte |
|---|---|---|
| Faire connaître une ouverture ou un événement | Flyer, affiche, publication sponsorisée locale | Date, lieu, offre lisibles en 3 secondes |
| Rassurer avant un achat important | Plaquette, page de présentation, vidéo témoignage | Preuves, références, garanties |
| Être mémorisé après une rencontre | Carte de visite, objet utile, échantillon | Qualité perçue, lien avec le métier |
| Faire revenir un client | Newsletter, carte de fidélité, courrier personnalisé | Pertinence, fréquence raisonnable |
| Convertir un visiteur en contact | Page de destination, formulaire, QR code vers une offre | Une seule action demandée |
Les chiffres du baromètre BUMP (France Pub, IREP, Kantar Media) montrent comment les annonceurs arbitrent. En 2025, le courrier publicitaire représentait 569 millions d’euros (en baisse de 3,5 %), les imprimés sans adresse 344 millions, dont 240 millions sur papier (en baisse de 16,4 %) et 104 millions de prospectus numériques (en hausse de 15 %). La catégorie promotions et PLV pesait 6,2 milliards, dont 1,4 milliard pour la communication par l’objet. Le papier ne disparaît pas, mais il doit désormais justifier sa place.
Comment partir de la cible, et pas du design ?
Avant d’ouvrir un logiciel de mise en page, répondez par écrit à cinq questions. C’est le brief, et il tient sur une page :
- Qui va recevoir ce support ? Un particulier pressé dans sa boîte aux lettres, un acheteur sur un salon, un client fidèle.
- Où et quand ? À l’accueil, en main propre, dans un colis, sur un téléphone.
- Quelle est l’unique chose à retenir ? Si vous en écrivez trois, le lecteur n’en retiendra aucune.
- Quelle action attendez-vous ? Appeler, scanner, venir, réserver.
- Comment saurez-vous que ça a marché ? Un code promo dédié, un QR code avec suivi, une question posée aux nouveaux clients.
Le meilleur matériau pour répondre reste vos clients existants : demandez à trois ou quatre d’entre eux ce qui les a convaincus, et reprenez leurs mots.
Quelles idées pour un support vraiment original ?
L’originalité fonctionne quand elle illustre l’offre. Quelques pistes, avec le métier auquel elles conviennent :
- Le format qui raconte le métier. Un dépliant qui se déplie comme un plan pour un architecte, un menu en forme de ticket de caisse pour un traiteur, une carte de visite en papier ensemencé pour un paysagiste.
- L’objet utile plutôt que le gadget. Un mètre ruban pour un artisan, un carnet de suivi pour un coach sportif. L’objet reste sur le bureau parce qu’il sert.
- L’interactivité justifiée. Un QR code qui ouvre une vidéo de démonstration de 30 secondes, pas la page d’accueil du site. Testez-le imprimé à la taille réelle, avec plusieurs téléphones, avant de lancer le tirage.
- La photo authentique. Une vraie photo de l’équipe ou du chantier marque davantage qu’une image de banque d’images vue mille fois.
- Le contenu recyclé. Un article de blog qui marche peut devenir une fiche pratique imprimée, un carrousel ou une courte vidéo. La méthode est détaillée dans notre guide pour recycler son contenu.
Pour trouver des idées, l’exercice le plus simple consiste à lister dix objets ou situations du quotidien de vos clients, puis à chercher comment votre message pourrait s’y glisser. Les équipes créatives procèdent de la même façon, comme le décrit notre article sur la créativité du community manager.
Comment garder un message lisible ?
Un support original qui ne se lit pas est un support raté. Quatre règles valent pour presque tous les formats :
- Une hiérarchie visible. Le titre, l’offre et le contact doivent se repérer en un coup d’œil. Faites le test : montrez le support trois secondes à quelqu’un, puis demandez-lui ce qu’il a retenu.
- Un contraste suffisant. Texte foncé sur fond clair, ou l’inverse, jamais de gris pâle sur une photo.
- Une seule action. Si le flyer propose d’appeler, de visiter le site, de suivre trois réseaux et de venir au magasin, le lecteur ne fait rien.
- Une destination prête. Le QR code ou l’adresse doit mener à une page conçue pour ce support, avec la même offre. Notre guide de la landing page explique comment la construire.
Quelles règles respecter avant d’imprimer ?
Trois points juridiques reviennent souvent.
Le Stop Pub. L’expérimentation Oui Pub, qui n’autorisait la distribution d’imprimés publicitaires que dans les boîtes portant un autocollant d’accord, a pris fin le 1er mai 2025 dans les quatorze territoires concernés. Le gouvernement a choisi de ne pas la généraliser : le Stop Pub s’applique de nouveau partout, et une boîte qui l’affiche ne doit pas recevoir de prospectus.
Les allégations environnementales. Depuis le 1er janvier 2023, les mentions génériques telles que « biodégradable » ou « respectueux de l’environnement » sont interdites sur les produits, les emballages et la publicité. Affirmer qu’un produit ou un service est neutre en carbone suppose notamment un bilan d’émissions sur l’ensemble du cycle de vie, une trajectoire de réduction et un rapport public accessible depuis la publicité. Les amendes peuvent atteindre 100 000 € pour une personne morale. Sur un support imprimé, préférez un fait précis : le type de papier, son origine, l’imprimeur.
Les mentions d’une offre promotionnelle. Une réduction ou un jeu doit être présenté sans ambiguïté sur les conditions et la durée. Les règles propres aux promotions sont traitées dans notre article sur le marketing promotionnel.
Comment tester un support avant de le diffuser largement ?
Un tirage de 5 000 flyers ratés coûte cher. Mieux vaut tester petit :
- Montrer la maquette à cinq personnes de la cible et leur demander ce qu’elles comprennent et ce qu’elles feraient.
- Imprimer deux versions en petite quantité, avec un code ou un QR code différent pour chacune, et les distribuer dans des conditions comparables.
- Compter les retours sur deux à quatre semaines, puis imprimer en volume la version gagnante.
- Noter ce qui a marché dans un document partagé, pour le prochain support.
Exemple : une salle d’escalade qui prépare sa rentrée
Une salle d’escalade veut remplir ses cours enfants de septembre. Son brief : des parents du quartier, une seule chose à retenir (« cours d’essai gratuit le samedi »), une action (réserver en ligne), une mesure (le nombre de réservations via le QR code).
Plutôt qu’un flyer classique, elle imprime une carte au format d’une prise d’escalade, avec la date et le QR code au dos, distribuée à la sortie des écoles et posée au comptoir des commerces voisins. Elle teste deux accroches sur 300 exemplaires chacune, garde la meilleure, et décline la même accroche sur sa fiche Google et une publication sponsorisée locale. Chaque support renvoie à la même page de réservation, ce qui rend le résultat mesurable. C’est la logique d’une communication 360 appliquée à une petite structure.
Questions fréquentes
Quels sont les principaux supports de communication d'une entreprise ?
On distingue les supports imprimés (carte de visite, flyer, plaquette, catalogue, affiche, kakémono), les objets publicitaires, la signalétique (vitrine, véhicule, enseigne) et les supports numériques (site, page de destination, newsletter, publications et vidéos pour les réseaux sociaux). Le bon choix dépend de l'objectif et de l'endroit où la cible rencontre l'entreprise.
Comment rendre un support de communication original ?
En partant du message, pas de l'effet. Un format inhabituel, une matière, une illustration ou une interaction n'est utile que s'il sert l'idée principale : un dépliant en forme de plan pour un architecte, un sachet de graines pour un paysagiste. L'originalité qui n'a pas de lien avec l'offre amuse, puis s'oublie.
Peut-on écrire qu'un support est écologique ou neutre en carbone ?
Avec prudence. Depuis le 1er janvier 2023, les mentions génériques comme « respectueux de l'environnement » ou « biodégradable » sont interdites sur les produits, emballages et publicités. Revendiquer la neutralité carbone exige notamment un bilan d'émissions sur tout le cycle de vie et un rapport public. Préférez des faits précis et vérifiables, comme le type de papier.
A-t-on le droit de distribuer des flyers dans les boîtes aux lettres ?
Oui, sauf dans celles qui portent un autocollant Stop Pub, qui doit être respecté. L'expérimentation Oui Pub, qui inversait la logique dans quatorze territoires, a pris fin le 1er mai 2025 sans être généralisée : le Stop Pub s'applique de nouveau partout en France, y compris dans les anciens territoires pilotes.